Enfin c’est plutôt l’histoire d’un homme. 
Un homme le coeur sur la main avec ceux qu’il aime, un homme qui a pour moi été l’un des hommes les plus merveilleux de mes 29 ans de vie sur terre. Un homme qui a d’abord eu trois garçons de son mariage et qui s’est retrouvé veuf car sa femme est morte d’un cancer.
Il se trouve que ce monsieur habitait non loin de chez ma grand mère paternel et qu’elle est elle aussi devenue veuve. Mon grand père paternel étant également mort d’un cancer.
Ce monsieur est devenu pour moi mon grand père, malgré le fait qu’à la base nous n’ayons pas de lien de parenté. Ce monsieur est mort il y a 4 ans et je me suis pris l’une des plus grande claque de ma petite vie. Je ne le voyais absolument pas mourir d’un cancer qui lui a bouffer son énergie et sa joie de vivre.

J’ai assisté à son enterrement et j’ai été dans l’impossibilité d’aller lui dire au revoir une dernière fois. Impossible de faire un pas sans avoir le corps qui tremble, sans pleurer toutes les larmes de mon corps, impossible de lui dire combien la vie avait été une salope de nous l’enlever, impossible de lui dire que j’avais envie de le voir sourire, de le serrer dans mes bras fort fort fort et que j’avais envie de l’entendre nous sortir une histoire drôle.

Ce monsieur je ne l’ai jamais vu sans le sourire, sans une blague au bout des lèvres, sans le coeur sur la main, sans une histoire à te raconter sur telle ou telle personne. Il m’a toujours considérée comme sa petite fille alors que je ne l’étais pas et ce sans faire de différence avec ses propres petits enfants.
Petite j’avais toujours le droit à mon câlin le soir et j’ai vécu des choses qu’aujourd’hui il serait impossible ou presque de vivre. C’est comme cela que je me suis retrouvée à 3/4 ans sur le siège avant de sa 4L sans siège auto à l’époque, bon il roulait très doucement. Mais j’avais le droit à ce privilège et c’est fou comme quand on a cet âge là ça nous donne des impressions de grandeur parce que l’on fait comme les grands.
Ou encore la fois où je me suis retrouvée avec l’aînée de ses petits enfants, coincée entre les sacs de grains et les portes de cette même 4L. A l’époque ce n’était déjà pas très recommandé mais aujourd’hui il irait directement au poste et sans ménagement.
Aujourd’hui encore quand je parle de lui, j’en parle comme de mon grand père et ces petits-enfants savent qu’entre eux et moi il n’y a eu quasi aucunes différences, que pour moi ce sont mes cousins/cousines.
L’un de ces fils à eu une phrase le jour de son enterrement qui m’a beaucoup marquée (et qui 4 ans après me touche encore): « Merci d’être là ».
Moi j’ai juste envie de dire MERCI Papi Lulu.
Tout ce texte pour vous parler du combat d’un homme contre le cancer. Celui de Pascal Foucher. Il est atteint d’un cancer qui lui bouffe tout le corps, qui lui bouffe surtout son sang.
Son combat contre sa maladie est raconter avec justesse, sans détour et sans pathos ici ou encore sur la page Facebook « Fuck the crab, eat the rest ».
Tout cela pour vous dire que oui son histoire m’a touchée et que l’on est tous à des degrés différents touchés par une histoire dans ce genre.
Merci Dom de m’avoir fait lire un texte plus qu’émouvant (ici et ici). 
Le combat de cet homme est aujourd’hui vécu par des milliers de gens en France et ailleurs dans le monde (un peu à l’instar des maladies orphelines ou du Sida) mais surtout le combat de cet homme est de pouvoir accéder à des soins qu’on lui refuse (la pomalidomide) à cause d’une allogreffe.
Ma question est toute simple: à t’on le droit aujourd’hui de refuser des traitements à un malade plus que combatif contre une maladie aussi destructive qu’invasive (sans pour autant parler d’acharnement médical)?

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